Le 23 janvier 2026, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : quatre minutes.
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Santé publique et traitement contre l’obésité
Une vaste étude britannique publiée dans la revue BMJ en janvier 2026 révèle que la reprise de poids est quatre fois plus rapide après l’arrêt des traitements anti-obésité de nouvelle génération qu’après l’interruption d’un régime alimentaire combiné à une activité physique. Les chercheurs de l’université d’Oxford ont analysé 37 études portant sur différents traitements amaigrissants et concluent que les médicaments seuls présentent des limites importantes.
Une recherche britannique d’envergure, publiée le 7 janvier 2026 dans la revue médicale BMJ, apporte un éclairage préoccupant sur les conséquences de l’arrêt des traitements anti-obésité de nouvelle génération. Selon cette étude menée par l’université d’Oxford, les patients reprennent leur poids quatre fois plus rapidement lorsqu’ils cessent de prendre ces médicaments que lorsqu’ils abandonnent un programme traditionnel associant régime alimentaire et exercice physique. Cette découverte soulève des interrogations essentielles sur l’utilisation de ces traitements devenus extrêmement populaires dans les pays développés.
Les médicaments concernés appartiennent à une nouvelle génération de traitements qui accentuent l’action d’une hormone appelée peptide-1 similaire au glucagon, connue sous le sigle GLP-1. Cette hormone agit sur la sécrétion d’insuline et influence la sensation de satiété. Ces traitements ont démontré leur capacité à générer une perte de poids significative, entre 15 et 20 pour cent du poids corporel initial. L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs intégré cette classe thérapeutique à sa liste de médicaments essentiels en septembre dernier, tout en réclamant des versions génériques plus accessibles financièrement pour les populations des pays en développement.
L’équipe de recherche dirigée par Sam West et Susan Jebb, spécialiste de nutrition publique, a procédé à l’examen systématique de 37 études consacrées à l’arrêt de différents traitements amaigrissants. Les résultats montrent que les participants reprennent environ 0,4 kilogramme par mois après l’interruption. Six essais cliniques portaient spécifiquement sur le sémaglutide, principe actif de l’Ozempic utilisé dans le diabète de type 2 et du Wegovy destiné à l’obésité, fabriqués par le laboratoire danois Novo Nordisk ; ainsi que sur le tirzepatide, employé dans le Mounjaro du groupe pharmaceutique Eli Lilly.
Durant la période de traitement par ces deux molécules, les participants ont perdu près de 15 kilogrammes en moyenne. Toutefois, après l’arrêt, ils ont repris 10 kilogrammes en l’espace d’une année, qui constitue la période de suivi la plus longue disponible pour ces médicaments récents. Les chercheurs ont établi une projection selon laquelle les patients retrouveront en moyenne leur poids initial en 18 mois. Les indicateurs cardiovasculaires tels que la tension artérielle et le taux de cholestérol reviennent quant à eux à leurs niveaux d’origine après 1,4 année.
La comparaison avec les approches non médicamenteuses révèle un contraste saisissant. Les personnes ayant suivi des programmes combinant modifications alimentaires et activité physique, sans recours aux médicaments, ont certes perdu beaucoup moins de poids initialement ; cependant, il leur a fallu quatre années en moyenne pour regagner les kilos perdus. Cette différence substantielle s’explique partiellement par l’ampleur de l’amaigrissement initial, une perte de poids importante tendant à entraîner une reprise plus rapide. Néanmoins, selon une analyse distincte menée par les chercheurs, la prise de poids demeure systématiquement plus rapide après la prise de médicaments, quel que soit le poids perdu au départ.
Susan Jebb a souligné lors d’une conférence de presse que les données récentes suggèrent qu’environ la moitié des personnes arrêtent ces médicaments dans l’année. Cette interruption fréquente s’explique par plusieurs facteurs : des effets secondaires courants comme les nausées, mais également des tarifs très élevés pouvant dépasser 1000 dollars mensuels pour certains patients aux États-Unis, bien que les prix aient commencé à diminuer pour d’autres. L’hypothèse avancée par les chercheurs pour expliquer la différence de vitesse de reprise de poids entre les deux approches repose sur le maintien des comportements acquis. Les personnes ayant appris à manger plus sainement et à pratiquer davantage d’exercice continuent généralement ces habitudes même lorsqu’elles reprennent du poids, contrairement aux patients sous traitement médicamenteux.
Les implications de cette étude sont considérables pour les systèmes de santé nationaux. Susan Jebb a rappelé que l’obésité constitue une maladie chronique récidivante et que l’on pourrait s’attendre à ce que ces traitements doivent être poursuivis à vie, à l’instar des médicaments contre l’hypertension. Cette perspective aurait un impact majeur sur l’évaluation du rapport bénéfice-coût de ces médicaments par les autorités sanitaires. Garron Dodd, chercheur en neurosciences métaboliques à l’université de Melbourne qui n’a pas participé à l’étude, a réagi en affirmant que ces nouvelles données montrent clairement que les médicaments de type GLP-1 constituent un point de départ et non un remède définitif. Selon lui, un traitement durable exigera probablement des approches combinées, des stratégies à plus long terme et des thérapies remodelant la manière dont le cerveau interprète l’équilibre énergétique, et pas seulement la quantité de nourriture ingérée.
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Obésité, GLP-1, Sémaglutide, Tirzepatide, Ozempic, Wegovy, Mounjaro, Diabète de type 2, Organisation mondiale de la santé, Maladies chroniques
Une étude britannique montre que les patients reprennent leur poids quatre fois plus rapidement après l’arrêt de médicaments anti-obésité qu’après des régimes classiques, soulevant des questions sur l’usage à long terme de ces traitements.
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