Le 28 décembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : deux minutes.
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Le 28 décembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : deux minutes.
Énergie et collectivités territoriales
Le Conseil de Paris a validé le 17 décembre 2025 l’attribution à Dalkia de la concession du réseau de chaleur urbain pour un montant de 15 milliards d’euros sur 25 ans. Cette décision met fin à un siècle de gestion par Engie et suscite des controverses politiques à trois mois des élections municipales.

Le Conseil de Paris a entériné mercredi 17 décembre 2025 l’attribution de la concession du réseau de chaleur urbain à Dalkia, filiale d’EDF, pour une durée de 25 ans et un montant de 15 milliards d’euros. Cette décision marque la fin d’un siècle de délégation à Engie, l’ancien concessionnaire, qui voit son offre écartée au terme d’une procédure de cinq années.
Ce contrat d’envergure exceptionnelle, qualifié de « contrat du siècle » par la municipalité, concerne directement le chauffage de près d’un million de personnes réparties entre Paris et 16 communes limitrophes. Le réseau dessert notamment l’ensemble des hôpitaux parisiens grâce à un système calorifique souterrain s’étendant sur plus de 500 kilomètres, l’un des plus importants à l’échelle mondiale.
Selon Dan Lert, adjoint à la maire chargé de la transition écologique et de l’énergie, le choix de Dalkia repose principalement sur son engagement en faveur d’un « verdissement massif » du bouquet énergétique. L’entreprise prévoit d’investir 3,4 milliards d’euros afin de porter la part des énergies renouvelables dans la production de chaleur à 76 %, contre 50 % actuellement. Cette montée en puissance s’appuiera sur l’incinération de déchets, la combustion de biomasse et la géothermie ; elle nécessitera notamment la construction d’un nouvel incinérateur à Vitry-sur-Seine, dans le Val-de-Marne.
L’élu écologiste promet également que l’équivalent de 200 000 logements supplémentaires pourront abandonner leur chaudière au gaz ou au fioul, permettant ainsi de « protéger les Parisiens de la volatilité des prix du gaz ». Dès 2027, 69 % des abonnés devraient bénéficier d’une baisse de leurs factures, en particulier dans le secteur résidentiel.
Cette attribution suscite toutefois de vives contestations. Engie, évincé après un siècle de gestion, a adressé un courrier aux élus parisiens pour défendre son offre, sans toutefois annoncer de recours juridique. L’opposition municipale dénonce quant à elle la conclusion d’un contrat aussi structurant à seulement trois mois de la fin du mandat d’Anne Hidalgo. David Alphand, co-président du groupe de Rachida Dati, estime que cette décision « lie les mains de la prochaine majorité municipale ». L’élu Les Républicains accuse la mairie de « publicité mensongère » concernant la baisse tarifaire annoncée, tandis que Pierre-Yves Bournazel, candidat Horizons à la mairie, évoque une « bombe à retardement ».
La majorité municipale rétorque que la concession actuelle arrivait à échéance le 31 décembre 2026, rendant inéluctable la conclusion d’un nouveau contrat. Maud Gatel, élue MoDem, adopte une position critique différente, en regrettant que l’objectif de 75 % d’énergies renouvelables arrive « trop tard » et en dénonçant « l’hypocrisie de la ville sur l’adaptation au réchauffement climatique », pointant l’absence d’amélioration significative durant la concession précédente.
Urbanitas.fr
Ressource : Réseaux de chaleur - Énergies renouvelables et de récupération (ecologie.gouv.fr)
Ressource : Carte nationale des réseaux de chaleur et de froid en France (france-chaleur-urbaine.beta.gouv.fr)
Ressource : Développer le chauffage urbain - France Chaleur Urbaine (france-chaleur-urbaine.beta.gouv.fr)
Réseau de chaleur urbain, concession de service public, Dalkia, Engie, transition énergétique, énergies renouvelables, géothermie, incinération des déchets, biomasse
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