Le 13 décembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.


Le Val-de-Marne inaugure le premier téléphérique urbain d’Île-de-France

Transport en commun

Le premier téléphérique urbain d’Île-de-France, baptisé C1, est inauguré ce samedi 13 décembre dans le Val-de-Marne. Ce moyen de transport aérien permet de relier en 18 minutes des quartiers enclavés à la ligne 8 du métro parisien, transportant jusqu’à 11 000 passagers par jour sur 4,5 kilomètres.


Le Val-de-Marne accueille ce samedi 13 décembre le premier téléphérique urbain d’Île-de-France. Baptisé C1, cet équipement de transport par câble promet de transformer la mobilité de milliers d’habitants de communes jusque-là isolées par un réseau routier fragmenté et des infrastructures ferroviaires cloisonnantes.

La présidente de la région Valérie Pécresse et les maires des municipalités concernées officialiseront l’ouverture au public lors d’une cérémonie matinale. Dès la fin des festivités, les premiers voyageurs pourront embarquer à bord de l’une des 105 cabines qui chemineront entre Créteil et Villeneuve-Saint-Georges, en traversant Limeil-Brévannes et Valenton.

138 millions d’euros financés par la région, le département, l’État et l’Union européenne

L’infrastructure relie la station Pointe-du-Lac, située à Créteil, à la station Villa-Nova, à Villeneuve-Saint-Georges, en seulement 18 minutes ; un trajet qui nécessitait auparavant une quarantaine de minutes en bus ou en voiture. Cette prouesse technique permet aux résidents de ces quartiers périphériques d’accéder directement à la ligne 8 du métro parisien, brisant ainsi leur isolement géographique.

Exploité par l’entreprise Transdev, le C1 devrait transporter quotidiennement 11 000 passagers sur ses 4,5 kilomètres de tracé, selon Île-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des déplacements dans la région capitale. Le projet a nécessité un investissement de 138 millions d’euros, financé conjointement par la région à hauteur de 49 %, le département du Val-de-Marne pour 30 %, et l’État ainsi que l’Union européenne pour les 21 % restants.

Sécurité du dispositif

Grégoire de Lasteyrie, vice-président du conseil régional chargé des transports, souligne la pertinence économique du choix technologique retenu. « À la place du téléphérique pour désenclaver cette zone, un métro souterrain n’aurait jamais vu le jour car le budget de plus d’un milliard d’euros n’aurait jamais pu être financé », précise-t-il. Le rapport coût-efficacité du transport par câble s’impose ainsi comme une solution pragmatique face aux contraintes budgétaires.

Le C1 rejoint le cercle encore restreint des téléphériques urbains français. Il devient le cinquième du pays à vocation strictement utilitaire, après ceux de Brest, Saint-Denis de La Réunion, Toulouse et Ajaccio. Si l’on inclut les installations de Grenoble et Toulon, dont l’usage demeure principalement touristique, la France compte désormais sept équipements de ce type.

Fonctionnant quotidiennement de 5 h 30 à 23 h 30, avec une extension jusqu’à 0 h 30 les week-ends, le téléphérique offrira une cadence soutenue avec une cabine toutes les 22 à 30 secondes. Chaque nacelle peut accueillir dix personnes assises et dispose d’espaces dédiés aux fauteuils roulants, vélos et poussettes, garantissant une accessibilité optimale.

La sécurité constitue une préoccupation centrale du dispositif. Outre la vidéosurveillance et les boutons d’appel d’urgence installés dans chaque cabine, une présence humaine permanente est assurée dans les stations. « Comme les métros, RER et bus, le téléphérique pourra aussi faire l’objet d’une patrouille régulière des agents de sécurité de la brigade régionale des transports qui va passer à 200 agents en 2027 contre 100 actuellement », indique Grégoire de Lasteyrie.

Les usagers pourront emprunter le C1 avec un simple passe Navigo ou un ticket bus-tramway, assurant une intégration tarifaire complète au réseau francilien. Avant sa mise en service, un exercice d’évacuation grandeur nature a été organisé mi-novembre, permettant aux pompiers de Paris de s’entraîner aux procédures de secours spécifiques à ce mode de transport.

Les téléphériques figurent parmi les moyens de déplacement les plus fiables au monde, selon le service technique du ministère des Transports. Ces installations font l’objet de vérifications quotidiennes rigoureuses. En France, le dernier accident mortel remonte à 1999 dans les Hautes-Alpes, où vingt personnes avaient péri, témoignant de la robustesse intrinsèque de cette technologie éprouvée.


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Téléphérique urbain, Transport par câble, Île-de-France Mobilités, Enclavement, Mobilité urbaine, Val-de-Marne, Transdev, Passe Navigo


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