Le 12 décembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : deux minutes.
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Industrie et patrimoine économique français
La liquidation judiciaire du groupe Brandt marque la disparition d’une entreprise centenaire française d’électroménager. Fondée en 1924, la marque a traversé les décennies en changeant plusieurs fois de propriétaires avant de succomber aux difficultés structurelles du secteur.

Le tribunal des activités économiques de Nanterre a prononcé jeudi 12 décembre 2025 la liquidation judiciaire du groupe Brandt, sonnant le glas d’une entreprise qui incarnait depuis un siècle le savoir-faire industriel français dans le domaine de l’électroménager. Cette décision met fin à l’histoire mouvementée d’une marque passée de main en main au fil des restructurations et des crises économiques.
L’aventure débute au commencement du vingtième siècle, lorsqu’Edgar William Brandt fonde à Paris un atelier de serrurerie et de ferronnerie d’art. La marque éponyme voit officiellement le jour en 1924, mais il faut attendre l’après-guerre, en 1946, pour que l’entreprise se tourne vers l’électroménager. Durant les années 1950, elle commercialise successivement machines à coudre, machines à laver, réfrigérateurs et machines à repasser, s’imposant progressivement dans les foyers français.
Les années 1960 marquent l’apogée de la société ; fusionnée avec le fabricant d’armes Hotchkiss, elle revendique en 1962 le statut de leader sur le marché des machines à laver avant de développer l’année suivante le premier lave-linge automatique. Cette période faste s’achève en 1966 avec le rachat par le groupe Thomson, prélude à une longue série de changements de propriétaires.
Nationalisé en 1982, Thomson se sépare de sa branche électroménager dix ans plus tard en la cédant au groupe italien Elfi, qui la marie avec Moulinex. Cette union se solde par un premier dépôt de bilan en septembre 2001, alors que la société emploie 11 000 personnes dans le monde, dont 5 300 en France. S’ensuit une valse des repreneurs : l’Israélien Elco, l’Espagnol Fagor, puis en 2014 le groupe algérien Cevital, qui acquiert l’essentiel des actifs mais abandonne certains sites comme celui de La Roche-sur-Yon en Vendée.
Malgré les efforts de Cevital, la société basée à Rueil-Malmaison subit de plein fouet les difficultés structurelles du secteur du gros électroménager. L’entreprise parvient néanmoins à maintenir une production française pour ses appareils de cuisson, notamment les fours et plaques à induction, grâce à ses deux usines de Vendôme et d’Orléans. Ces sites, qui ont bénéficié en 2021 de dix millions d’euros d’investissements en recherche et développement, produisent chaque année 500 000 pièces, tandis que le service après-vente opère depuis Saint-Ouen-l’Aumône.
Brandt commercialise quatre enseignes historiques : De Dietrich, Brandt, Vedette et Sauter, des marques qui appartiennent au patrimoine industriel national et suscitent un attachement particulier, selon François Bonneau, président du conseil régional du Centre-Val de Loire. Présente dans 36 pays, l’entreprise réalisait 260 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 30 % de moins qu’en 2015, et employait désormais 700 salariés en France au moment de sa liquidation.
Urbanitas.fr
Liquidation judiciaire, Électroménager, Trente Glorieuses, Patrimoine industriel, Thomson, Cevital, Rueil-Malmaison, Vendôme
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