Le 23 décembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : deux minutes.


Empreinte environnementale de l’IA : l’Autorité de la concurrence appelle à la transparence

Régulation et concurrence

L’absence de données fiables empêche d’évaluer l’empreinte énergétique et environnementale de l’IA. Le régulateur français appelle à davantage de transparence pour éviter les distorsions de marché et favoriser une concurrence équitable.


L’Autorité de la concurrence a publié mercredi 17 décembre 2025 un avis appelant à une transparence accrue concernant l’impact énergétique et environnemental de l’intelligence artificielle. Selon le régulateur français chargé de prévenir les pratiques anticoncurrentielles, l’absence de données fiables constitue aujourd’hui un obstacle majeur pour apprécier correctement les effets concurrentiels liés à l’empreinte écologique de cette technologie.

Cette opacité actuelle profite selon l’institution à une poignée d’acteurs dominants qui disposent d’un avantage décisif relatif à ces informations. Une meilleure transparence permettrait non seulement de rétablir l’équilibre concurrentiel, mais également de bénéficier à la recherche publique sur le sujet. L’établissement d’une évaluation standardisée des performances environnementales offrirait par ailleurs aux acteurs moins énergivores la possibilité de se distinguer de leurs concurrents, créant ainsi une dynamique vertueuse dans le secteur.

Disparités d’accès aux ressources énergétiques

L’Autorité souligne l’importance capitale que les consommateurs, les acteurs économiques et les pouvoirs publics puissent évaluer les performances, les coûts et les externalités des différentes technologies déployées ; elle alerte toutefois sur les risques que la simplification en cours des règles environnementales de l’Union européenne ne dégrade les obligations relatives à l’impact de l’intelligence artificielle. Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte où l’électricité représente entre trente et cinquante pour cent des charges d’exploitation d’un centre de données, ce qui confère une dimension économique considérable à la question énergétique.

Dans son avis de trente-quatre pages, l’Autorité pointe également les disparités d’accès aux ressources essentielles. Elle appelle à ce que l’accès aux zones propices à l’implantation de centres de données et à l’énergie, particulièrement l’électricité d’origine nucléaire, ne soit pas réservé de facto aux seuls grands acteurs. Le régulateur observe que les principaux fournisseurs de services d’informatique en nuage, à savoir Amazon, Google et Microsoft, disposent d’une puissance financière leur permettant de négocier des conditions avantageuses dans la fourniture d’énergie.

Ces géants technologiques peuvent en outre investir dans leurs propres solutions de stockage afin de renforcer leur indépendance énergétique. Ils sont même susceptibles de se transmuer en offreurs sur le marché de l’énergie, disposant occasionnellement de capacités excédentaires ou de centres de données équipés de groupes électrogènes destinés à assurer la continuité du réseau en cas de panne. Le développement de stratégies d’optimisation de la consommation leur permet également de réduire temporairement leur consommation électrique afin de soulager le réseau contre rémunération, un mécanisme dit d’effacement, les positionnant ainsi comme des acteurs à part entière du réseau électrique.


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Quiz

Coût énergétique des centres de données. — Selon l’Autorité de la concurrence française, quelle part représente l’électricité dans les charges d’exploitation d’un centre de données ?

A. Entre 10 et 20%. — B. Entre 30 et 50%. — C. Entre 60 et 80%.

Entre 30 et 50%

Transparence sur l’impact environnemental de l’IA. — Quel organisme a réclamé en décembre 2025 davantage de transparence sur l’empreinte énergétique et environnementale de l’intelligence artificielle ?

A. L’Agence de la transition écologique. — B. L’Autorité de la concurrence. — C. La Commission européenne.

L’Autorité de la concurrence

Acteurs dominants de l’informatique en nuage. — Quels géants technologiques sont cités par l’Autorité de la concurrence comme principaux fournisseurs de services d’informatique en nuage disposant d’une puissance financière avantageuse ?

A. Amazon, Google et Microsoft. — B. Apple, Meta et IBM. — C. Oracle, SAP et Cisco.

Amazon, Google et Microsoft

Mécanisme d’effacement électrique. — Comment appelle-t-on le mécanisme permettant aux grands acteurs du numérique de réduire temporairement leur consommation électrique pour soulager le réseau contre rémunération ?

A. Mécanisme d’effacement. — B. Mécanisme de délestage. — C. Mécanisme de compensation.

Mécanisme d’effacement

Accès à l’énergie nucléaire. — Selon l’Autorité de la concurrence, quel type d’énergie ne devrait pas être réservé de facto aux seuls grands acteurs pour l’implantation de centres de données ?

A. L’électricité d’origine éolienne. — B. L’électricité d’origine nucléaire. — C. L’électricité d’origine hydraulique.

L’électricité d’origine nucléaire

Entités liées

Autorité de la concurrence, intelligence artificielle, impact environnemental, centre de données, informatique en nuage, effacement électrique, concurrence, transition énergétique


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