Le 30 septembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.
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Le 30 septembre 2025, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.
Protection de l’enfance et régulation numérique
Une étude de l’Arcom publiée en septembre 2025 dévoile l’ampleur de l’exposition précoce des enfants français aux réseaux sociaux. Malgré les restrictions d’âge imposées par les plateformes, 44 % des mineurs y accèdent avant 13 ans, avec un âge moyen de première utilisation à 12 ans. Face à cette situation, le régulateur demande aux plateformes de renforcer leurs mécanismes de vérification de l’âge et de proposer des services adaptés aux jeunes publics. Cette étude s’inscrit dans un contexte de durcissement de la régulation numérique en France, notamment avec la loi sur l’accès aux sites pornographiques et les recommandations parlementaires d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

L’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a présenté le 25 septembre 2025 les résultats d’une étude alarmante sur l’utilisation des réseaux sociaux par les mineurs en France. Selon cette enquête, 44 % des enfants utilisent ces plateformes avant l’âge de 13 ans, pourtant fixé comme seuil minimal par la plupart des services en ligne. L’âge moyen de la première inscription s’établit à 12 ans, révélant un contournement massif des restrictions existantes.
L’ampleur du phénomène s’explique en partie par la facilité avec laquelle les jeunes trompent les systèmes de vérification actuels. Près de deux tiers des mineurs interrogés, soit 62 %, admettent avoir menti sur leur âge pour créer un compte sur les réseaux sociaux. Cette fragilité des dispositifs de contrôle expose les enfants à des contenus potentiellement inappropriés dès leur plus jeune âge, alors que les plateformes affirment interdire leur accès aux moins de 13 ans.
Les conséquences de cette exposition précoce se révèlent préoccupantes. Bien que 77 % des jeunes de 11 à 17 ans déclarent être conscients des dangers liés aux réseaux sociaux, notamment l’hyperconnexion et le cyberharcèlement, les trois quarts d’entre eux reconnaissent avoir déjà été confrontés à des contenus qu’ils jugent choquants. Ce paradoxe illustre le décalage entre la connaissance théorique des risques et la réalité de l’expérience vécue par les mineurs en ligne.
Pour réaliser cette étude, l’Arcom a interrogé près de 2000 mineurs et autant de parents durant une période de presque un an, complétant ces données par des entretiens avec des experts et des représentants des réseaux sociaux. Cette méthodologie approfondie permet de dresser un portrait précis de la situation et d’identifier les failles des systèmes actuels de protection de l’enfance en ligne.
Face à ces constats, le président de l’Arcom, Martin Ajdari, a annoncé lors d’une conférence de presse que le régulateur exigera des plateformes qu’elles présentent leurs méthodes de vérification de l’âge et démontrent leur efficacité. L’autorité demande également le déploiement d’une offre spécifiquement adaptée au jeune public, distincte des services proposés aux adultes. Cette exigence traduit la volonté de l’Arcom d’utiliser pleinement les prérogatives étendues dont elle dispose depuis 2024 en matière de régulation numérique.
Le renforcement du contrôle de l’accès des mineurs aux contenus en ligne s’inscrit dans une dynamique plus large de régulation. L’Arcom s’est félicitée des premiers résultats de l’application de la loi obligeant les sites pornographiques à mettre en place un système d’identification pour bloquer l’accès aux mineurs. Sur la quinzaine de plateformes visées, deux se sont retirées du marché français et toutes les autres ont déployé des solutions de vérification d’âge. Selon Laurence Pécaut-Rivolier, membre du collège de l’Arcom, les données de Médiamétrie indiquent un ralentissement de la fréquentation de ces sites par les mineurs.
Cette problématique dépasse le cadre de l’action de l’Arcom et mobilise l’ensemble des pouvoirs publics. La commission d’enquête parlementaire sur TikTok a ainsi recommandé début septembre 2025 l’inscription dans la loi d’une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Certaines plateformes comme TikTok ont déjà instauré une vérification stricte de l’âge pour des fonctionnalités spécifiques, comme la diffusion en direct ou la commercialisation de services numériques, sans toutefois généraliser cette mesure à l’ensemble de leurs utilisateurs. La question de l’équilibre entre protection des mineurs, responsabilité des plateformes et respect de la vie privée demeure au centre des débats sur la régulation du numérique.
Urbanitas.fr
Ressource : Protection des mineurs en ligne : quels risques ? Quelles protections ? (arcom.fr)
Ressource : Présentation de l’étude de l’Arcom sur la protection des mineurs en ligne (arcom.fr)
Ressource : Mineurs et internet : L’Arcom présente ses priorités en matière de régulation des plateformes numériques, afin de faire d’internet un lieu plus sûr pour les enfants et les adolescents (arcom.fr)
Arcom, réseaux sociaux, protection de l’enfance, régulation numérique, vérification d’âge, cyberharcèlement, TikTok, contenus inappropriés.
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