Le 10 août 2026, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.


Un étage de fusée Falcon 9 s’est probablement écrasé sur la Lune

Astronautique et gestion des débris spatiaux

Lancé en janvier 2025 avec deux alunisseurs, l’étage supérieur d’une fusée Falcon 9 s’est probablement écrasé sur la Lune mercredi : une collision sans danger pour la Terre, mais qui devrait creuser un nouveau cratère près du site Einstein et permettre aux scientifiques d’observer les retombées d’un impact artificiel.

Série Catastrophes / Israfil Dough
Série Catastrophes / Israfil Dough © Urbanitas, 2026

L’étage supérieur d’une fusée Falcon 9 exploitée par la société SpaceX s’est probablement écrasé sur la Lune dans la nuit de mardi à mercredi, l’impact étant attendu vers 6h35 GMT : cette collision, sans danger pour la Terre, devrait creuser un nouveau cratère à la surface de notre satellite, près du site Einstein, dans l’hémisphère nord.

Panache de poussière et de régolithe

Si aucune confirmation officielle n’est encore venue attester du choc, l’Administration nationale de l’aéronautique et de l’espace (NASA), via sa sonde Lunar Reconnaissance Orbiter, ainsi que la sonde sud-coréenne Pathfinder Lunar Orbiter, prévoyaient de photographier la zone, dont les clichés ne parviendront que plusieurs jours plus tard : des astronomes amateurs espéraient apercevoir le panache de poussière et de régolithe, éclairé par le Soleil.

« On ne sait pas encore à quel point cela sera lumineux », avait expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) Benjamin Fernando, chercheur au Laboratoire national de Los Alamos, auteur d’une étude sur cette collision. En supposant le carburant intégralement consommé, les auteurs estiment que l’engin pèse environ quatre tonnes et devrait heurter la surface lunaire à une vitesse proche de 8690 km/h.

Activité solaire et forces gravitationnelles

« Il n’y a aucun danger pour la Terre », a assuré le porte-parole de la NASA, Jimi Russell, précisant que l’agence suivrait le propulseur à des fins d’entraînement, avant d’observer le site à des fins scientifiques.

La fusée avait décollé en janvier 2025 avec deux alunisseurs à son bord : le propulseur était revenu se poser sur Terre, tandis que l’étage supérieur, considéré depuis comme un débris spatial, était resté dans l’espace afin d’achever l’acheminement des deux engins. Selon Julianna Scheiman, responsable chez SpaceX, un mélange d’activité solaire et de forces gravitationnelles a finalement placé l’étage sur une trajectoire de collision, malgré les précautions prises par l’entreprise.

46 000 débris en orbite autour de la Terre

Cette collision devrait permettre d’évaluer les risques associés aux débris spatiaux artificiels, des enjeux sensibles alors que la NASA ambitionne d’établir une présence humaine durable sur la Lune ; ces collisions demeurent rares, contrairement à celles causées par les météoroïdes. Dans les années 1970, la NASA avait provoqué de tels impacts durant le programme Apollo, afin d’en recueillir des données sismiques.

Selon l’Agence spatiale européenne (ESA), plus de 46 000 débris, pesant au total 17 000 tonnes, se trouveraient en orbite autour de la Terre : certains experts redoutent qu’une accumulation excessive ne provoque une réaction en chaîne de collisions connue sous le nom de « syndrome de Kessler ».


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Quiz

Débris spatiaux et syndrome de Kessler. — Le terme « syndrome de Kessler » est employé par certains experts de l’astronautique pour désigner un scénario redouté. À quel phénomène renvoie-t-il ?

A. Une réaction en chaîne de collisions entre débris en orbite, rendant certaines altitudes progressivement inutilisables. — B. Une perte progressive de communication entre une sonde et son centre de contrôle au sol. — C. Un champ magnétique parasite qui perturbe les instruments de navigation des satellites.

Une réaction en chaîne de collisions entre débris en orbite, rendant certaines altitudes progressivement inutilisables

Programme Apollo et impacts intentionnels. — Durant les missions du programme Apollo, la NASA a volontairement précipité certains étages de fusées sur la Lune. Dans quel but scientifique ?

A. Recueillir des données sismiques grâce aux ondes de choc provoquées par la collision. — B. Évaluer la résistance thermique des matériaux composant l’étage lors de l’impact. — C. Vérifier la présence d’une atmosphère résiduelle à la surface lunaire.

Recueillir des données sismiques grâce aux ondes de choc provoquées par la collision

Nature du régolithe lunaire. — En planétologie, le terme « régolithe » désigne :

A. La couche de poussière et de débris rocheux meubles qui recouvre la surface de certains corps célestes dépourvus d’atmosphère dense. — B. Le champ magnétique généré par la rotation rapide d’un astre. — C. Une météorite riche en fer et en nickel.

La couche de poussière et de débris rocheux meubles qui recouvre la surface de certains corps célestes dépourvus d’atmosphère dense

Agence spatiale européenne. — L’Agence spatiale européenne (ESA), régulièrement associée au suivi des débris en orbite, réunit :

A. Plusieurs États européens ayant mis en commun leurs programmes spatiaux. — B. L’ensemble des agences spatiales nationales du continent américain. — C. Un consortium exclusivement composé d’entreprises privées du secteur aérospatial.

Plusieurs États européens ayant mis en commun leurs programmes spatiaux

Architecture des lanceurs à étages. — Dans l’architecture d’un lanceur à plusieurs étages, pourquoi le premier étage (le propulseur principal) ne poursuit-il pas sa route vers l’espace avec la charge utile ?

A. Il est séparé une fois son carburant consommé, afin d’alléger l’ensemble et de permettre son retour ou sa récupération. — B. Il demeure arrimé en permanence à la charge utile jusqu’à son arrivée à destination finale. — C. Il est détruit en vol par un dispositif d’autodestruction dès la sortie de l’atmosphère.

Il est séparé une fois son carburant consommé, afin d’alléger l’ensemble et de permettre son retour ou sa récupération

Entités liées

SpaceX, Falcon 9, NASA, Lune, débris spatiaux, régolithe, syndrome de Kessler, programme Apollo, Agence spatiale européenne, cratère Einstein.


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