Le 22 mai 2026, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : deux minutes.
La vie dans la ville
Le 22 mai 2026, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : deux minutes.
Santé mondiale et recherche vaccinale
La dix-septième épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a déjà fait plus de 130 morts. Causée par la rare souche Bundibugyo, elle a déclenché une mobilisation internationale pour tester en urgence vaccins et traitements expérimentaux, alors qu’aucun produit approuvé n’existe contre cette variante du virus.

L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) depuis le printemps 2026 a déjà causé la mort de plus de 130 personnes. Il s’agit de la dix-septième flambée de ce virus dans le pays ; elle est toutefois singulière, car elle est provoquée par la souche Bundibugyo (Orthoebolavirus bundibugyoense), contre laquelle il n’existe à ce jour ni vaccin ni traitement homologué. Le virus Ebola tue entre un tiers et la moitié des personnes infectées.
Face à l’urgence, plusieurs pistes thérapeutiques et vaccinales sont à l’étude. Le virologue Thomas Geisbert, de l’université du Texas à Galveston, qui a contribué à la conception du vaccin Ervebo — seul vaccin approuvé, dirigé contre la souche Zaïre —, a mis au point un candidat vaccin à injection unique ciblant la souche Bundibugyo. Des essais sur des primates non humains ont montré une protection, mais le passage aux essais cliniques humains et la production à grande échelle demeurent longs et onéreux. Le chercheur déplore que, faute de perspectives lucratives, les grands groupes pharmaceutiques rechignent à investir contre une souche aussi rare : son projet est ainsi resté en jachère depuis 2013.
Parallèlement, des chercheurs chinois ont publié le 19 mai dans la revue de l’Académie américaine des sciences les résultats d’un candidat vaccin fondé sur la technologie de l’ARN messager (ARNm), conçu pour cibler les trois principales souches d’Ebola, dont Bundibugyo. Le virologue Connor Bamford, de l’université Queen’s de Belfast, relève cependant que les vaccins à ARNm sont coûteux et nécessitent une chaîne du froid, ce qui pourrait entraver leur déploiement en Afrique. M. Geisbert souligne en outre que ce vaccin n’a été éprouvé que sur des souris, ce qui rend les résultats difficilement extrapolables.
Du côté de l’université d’Oxford, des scientifiques collaborent avec le Serum Institute of India, plus grand fabricant de vaccins au monde, pour développer un vaccin à vecteur viral baptisé ChAdOx1 BDBV, sans calendrier précis à ce stade. Par ailleurs, un essai clinique parrainé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) portant sur deux traitements expérimentaux pourrait bientôt démarrer dans les zones touchées : d’une part le remdésivir, antiviral du groupe Gilead ayant montré in vitro des résultats plus probants contre la souche Bundibugyo que contre la souche Zaïre ; d’autre part un anticorps monoclonal développé par Mapp Biopharmaceutical, capable de cibler plusieurs souches et offrant déjà une protection chez les primates. Tout essai sur des patients devra recevoir l’aval des gouvernements de RDC et d’Ouganda.
Urbanitas.fr
Ebola, République démocratique du Congo, vaccination, OMS, ARN messager, Ervebo, essai clinique, virologie.
Santé et alimentation | Le 22 mai 2026, par Urbanitas.fr.
Citoyenneté | Le 19 mai 2026, par Urbanitas.fr.
Nouvelles technologies | Le 18 mai 2026, par Urbanitas.fr.