Le 3 avril 2026, par Urbanitas.fr. Temps de lecture : trois minutes.


Le Karoo, cœur de la production mondiale de mohair

Production textile et élevage caprin

Dans les steppes arides du Karoo, des milliers de chèvres angora paissent sur d’immenses exploitations familiales. Leur toison soyeuse alimente plus de la moitié du marché mondial du mohair, plaçant l’Afrique du Sud au sommet de cette filière textile spécialisée.

I.D.
I.D. © Urbanitas, 2026

L’Afrique du Sud a assuré 56 % de la production mondiale de mohair en 2024, confirmant sa prééminence dans cette filière textile fondée sur l’élevage de chèvres angora. Cette position dominante repose sur les conditions exceptionnelles du Karoo, vaste semi-désert sud-africain où prospèrent ces animaux aux boucles dorées depuis près de deux siècles. Des fermes séculaires comme Wheatlands, établie en 1912, ou Martyrsford, qui élève des angoras depuis 1865, perpétuent un savoir-faire transmis de génération en génération ; Lloyd Short, éleveur de septième génération, possède environ deux mille chèvres sur une exploitation de sept mille sept cents hectares.

Crise majeure du mohair en 2018

Le mohair, fibre naturelle issue de la toison de ces caprins singuliers aux oreilles tombantes et aux cornes courbes, se négocie jusqu’à neuf cents rands le kilogramme, soit environ quarante-cinq euros. Les deux premières tontes annuelles s’avèrent les plus rémunératrices, fournissant entre un et un kilo et demi par animal avec une qualité optimale. Cette fibre sert principalement à confectionner des pulls et des tricots, souvent mélangée à de la laine, et attire des fabricants prestigieux comme l’entreprise italienne Vitale Barberis Canonico. Certains éleveurs bénéficient même de l’exclusivité d’approvisionnement auprès de grandes maisons de couture françaises, garantissant ainsi la traçabilité et préservant l’image de ces marques.

Le secteur, qui génère environ trente mille emplois dont des centaines dans le Karoo, a néanmoins traversé une crise majeure en 2018. L’organisation Peta avait diffusé une vidéo montrant un incident rarissime lors d’une tonte, provoquant l’abandon immédiat du mohair par de nombreuses marques internationales. Il a fallu deux années pour restaurer la confiance grâce à l’instauration d’un label d’élevage responsable prévoyant des contrôles par une tierce partie indépendante. Depuis 2020, la demande a progressivement repris selon Marco Coetzee, directeur de l’organisation Mohair South Africa.

Lustre des fibres

L’implantation des chèvres angora dans cette région aride remonte à la première moitié du dix-neuvième siècle, bien que les circonstances exactes demeurent nébuleuses. Originaires de Turquie, ces animaux se sont parfaitement acclimatés au Karoo où ils se délectent des plantes succulentes locales. Cette végétation du veld, la steppe herbeuse sud-africaine, offre des espèces comestibles au goût sucré particulièrement appréciées. Contrairement aux régions humides infestées de parasites et de tiques, le climat sec favorise la production de fibres de qualité supérieure. Les chèvres passent régulièrement dans des bacs de trempage antiparasitaires entre les deux tontes annuelles, et reçoivent également des soins cosmétiques pour développer leurs boucles caractéristiques.

Le mohair séduit les acheteurs mondiaux principalement pour son lustre, cette propriété qui rehausse l’éclat des couleurs sans pour autant briller excessivement, selon les mots du directeur général du courtier House of Fiber, Pierre van der Vyver. Deux entreprises sud-africaines, House of Fiber et OVK, se partagent équitablement plus de soixante-dix pour cent du marché mondial de commercialisation, le Lesotho voisin représentant seize pour cent supplémentaires. La transformation s’effectue presque exclusivement par un duopole composé des sociétés Samil et Stucken, également sud-africaines, qui traitent des fibres provenant aussi d’Australie et du Royaume-Uni. Cette concentration géographique de l’expertise constitue un rempart contre la concurrence, notamment chinoise, car le traitement du mohair exige un savoir-faire technique considérable et un processus sensiblement plus lent que celui de la laine ovine.


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Part de la production mondiale de mohair. — Quelle proportion de la production mondiale de mohair l’Afrique du Sud a-t-elle assurée en 2024 ?

A. Environ 35 %. — B. Environ 56 %. — C. Environ 72 %.

Environ 56 %

Région d’élevage des chèvres angora. — Dans quelle région semi-désertique d’Afrique du Sud les chèvres angora sont-elles principalement élevées pour la production de mohair ?

A. Le Kalahari. — B. Le Karoo. — C. Le Drakensberg.

Le Karoo

Origine géographique de la chèvre angora. — De quel pays la chèvre angora, élevée en Afrique du Sud pour son mohair, est-elle originaire ?

A. De Turquie. — B. Du Maroc. — C. D’Inde.

De Turquie

Crise du mohair sud-africain. — En quelle année le secteur du mohair sud-africain a-t-il connu une crise majeure après la diffusion d’une vidéo par l’organisation Peta, entraînant l’abandon de cette fibre par de nombreuses marques internationales ?

A. En 2015. — B. En 2018. — C. En 2020.

En 2018

Prix du mohair sud-africain. — Jusqu’à quel prix le kilogramme de mohair sud-africain peut-il se négocier selon les éleveurs du Karoo ?

A. Environ 25 euros. — B. Environ 45 euros. — C. Environ 85 euros.

Environ 45 euros

Entités liées

Mohair, Chèvre angora, Karoo, Afrique du Sud, Fibre textile, Élevage caprin, Veld, Tonte, Industrie textile


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